Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Jean de La Fontaine

"La préhistoire d’Internet"

Où l’on découvre que la France était en avance.

Catalogue La Redoute, collection printemps-été 1983 / Photo : © DR

Début des années 1980. L’Internet grand public est encore loin. Pourtant, les Français découvrent les joies du surf numérique : le Minitel envahit les foyers ! Ce petit boîtier connecté avec clavier et écran est distribué gratuitement par France Télécom (aujourd’hui Orange). Avec lui, on consulte l’annuaire téléphonique ou les horaires de train en temps réel. Et bien vite, des précurseurs sentent le potentiel commercial…

Les 3 Suisses puis La Redoute, deux géants français de la vente par correspondance, y voient le moyen de gagner du temps et donc, des clients. Jusqu’à présent, deux options coexistent : commander par courrier ou par téléphone. Dans le premier cas, il faut attendre que le bon de commande soit acheminé par La Poste puis traité pour envoyer les produits. La seconde solution est assez coûteuse, quant à elle, puisqu’il faut un opérateur téléphonique.

Le choix d’investir dans ce nouveau canal de vente se révèle payant : le succès est bientôt au rendez-vous ! En 1998, les 3 Suisses font ainsi 20% de leur chiffre d’affaires par Minitel. Hélas, ces deux sociétés très en avance sur leur époque n’anticipent pas le virage suivant. Leur arrivée sur Internet est chaotique.

Mais cette remarque vaut pour la France entière. Le Minitel montre une avance technologique remarquable qui, paradoxalement, ralentit l’adoption d’Internet par les Français. Et quand tout le monde se réveille, Amazon est déjà dans la place...

Minitel de la marque Alcatel, années 1980, Musée des Arts et Métiers, Paris / Photo : Rama CC BY-SA 2.0